En 1850, en France, 55% des actifs étaient dans le secteur primaire (le secteur agricole). 27% des actifs étaient dans le secondaire (l’industrie et le bâtiment) et 18% dans le tertiaire (les services marchands et non marchands).
[les actifs, ici, s'entendant comme les personnes travaillant ou recherchant un emploi]
Un siècle plus tard (1950 pour ceux qui auraient du mal en calcul), c’est à peu près 33% partout.
Et actuellement, c’est 3% dans le primaire, 20% dans le secondaire et 77% dans le tertiaire.
Souvenez-vous… Dans le chapitre sur la croissance, je vous avais dit que les innovations et le progrès technique avaient été source de changements dans les manières de produire et de consommer… Ils avaient été source d’un enrichissement sans précédent des sociétés.
Ces bouleversements ont bien évidemment eu des répercussions sur la structure socio-professionnelle.
Avec les innovations, des métiers disparaissent ou voient simplement leurs effectifs diminuer… La catégorie qui illustre le plus cette mécanique sur le long terme, c’est celle des agriculteurs exploitant. Ainsi, dans l’agriculture céréalière, avec la mécanisation (tracteur, moissonneuses, etc.), le besoin en agriculteurs a diminué. Et les agriculteurs qui avaient misé sur les innovations ont pu être plus productifs et racheter les terres de ceux qui n’avaient pas innové. Et ce mécanisme impacte aussi les ouvriers agricoles : cette main d’œuvre qui travaille pour l’agriculteur, encore nombreuse il y a un demi-siècle, ne représente plus grand chose.
Mécaniquement, les PCS des métiers touchés s’en trouvent impactés. Mais inversement, de nouveaux métiers apparaissent ce qui va, ici aussi, impacter les CSP. Un exemple très simple : les informaticiens.
Mais l’impact du progrès technique ne s’arrête pas là… Nous avions vu qu’il avait permis l’enrichissement de la société. Or, une société qui s’enrichit développe de nouveaux besoins qu’il va falloir assouvir.
Dans les sociétés pauvres, les besoins sont avant tout des besoins primaires : se nourrir, se vêtir, se loger… assurer sa sécurité. Dans les sociétés riches, ces besoins étant assouvis, d’autres besoins émergent : des besoins de sociabilité, de reconnaissance, d’estime, de développement personnel, de loisir…
Or, derrière ces besoins, il y a des productions et derrières les productions, il y a des travailleurs et leurs métiers.
Ainsi ce sont développés tout un vaste ensemble de métiers liés au commerce, à la santé, à l’éducation, au sport, à la culture, etc.
D’autre part, les individus étant plus riches, ils dégagent de l’épargne d’où le développement de métiers dans la finance.
Enfin, parallèlement au progrès technique et à l’enrichissement de la société, on peut relever que le vieillissement de la population a lui aussi un impact sur la création de métiers.







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