Si la socialisation, de par sa complexité, aboutit à la création d’identités multiples, il n’en reste pas moins que les individus sont marqués par leur origine sociale, sexuelle et ethnique ou géographique.
Et la socialisation primaire va marquer durablement l’identité des individus. La socialisation primaire est la socialisation se déroulant pendant l'enfance et l'adolescence.
L’instance principale de la socialisation primaire, c’est la famille. C’est elle qui va, avant tout, modeler l’enfant avec ses goûts, ses valeurs, ses règles, etc. le fait de faire du tennis et pas du foot, de préférer regarder la télévision plutôt que de faire d’autres activités culturelles (lire des BD, aller faire du sport, de la musique, etc.), de manger des escargots ou des grenouilles, et même d’aimer l’école ou pas, de respecter les profs ou de leur faire confiance… Tout cela vient, en grande partie, de la famille.
Or, les familles appartiennent à d’autres groupes sociaux plus vastes. Par exemple, en terminale, vous discuterez des classes sociales. Et les normes, les valeurs, les goûts… vont varier d’un de ces grands groupes à l’autres.
Ainsi, même si en France, tout le monde, quelle que soit son origine sociale, peut pratiquer du football en club, ce sont surtout les enfants des catégories populaires qui le font. C’est nettement moins le cas pour la natation. C’est encore moins le cas pour le tennis ou la danse classique. Et ça n’est pas qu’une question de moyens (la natation ne coûte pas cher).
De même, quand les enfants de la bourgeoisie anticipent des poursuite d’études, ils voient des classes prépas ou des grandes écoles, rarement un BTS carrosserie. Ils se voient directeurs, journalistes, chercheurs, avocats, etc.
Ces classes prépas, ces grandes écoles, ces métiers prestigieux sont moins présents, même chez les excellents élèves, dans les aspirations des enfants des catégories populaires.
A un autre niveau, on peut noter des différences entre filles et garçons. Ainsi, dans les lycées généraux, on note une surreprésentation des garçons en Physique-Chimie, Numérique et sciences informatiques ; alors que les filles sont surreprésentées en Humanité, littérature et philosophie ou LLCE Espagnol.
Les familles préparent dès le plus jeune âge, les garçons à devenir des scientifiques et les filles à faire du culturel ou du social. Malheureusement, elles préparent aussi les garçons à mettre le bazar et les filles à le ranger.
Quand vient l’heure des choix d’orientation, cette préparation, cette socialisation va jouer sur les manières d’anticiper l’avenir. Et beaucoup de garçons se verront ingénieurs alors que beaucoup de filles se verront professeures des écoles ou psychologues. Beaucoup de filles (à l’aube de l’âge adulte surtout) aussi vont incorporer à leurs schémas de prévisions le poids des tâches domestiques (pas les garçons).
Cette réflexion en fonction de l’origine sociale ou sexuelle peut s’étendre à d’autres catégories (l’ethnie, le groupe religieux, le groupe géographique, etc.) ce qui pourrait multiplier au final les identités et les manières de penser et d’anticiper son avenir qui brouillerait les frontières entre classes sociales ou sexe. Ceci pouvant être renforcé par le fait qu’il n’y a pas que la famille qui socialise l’enfant ; il y a aussi l’école, les amis (les pairs), les médias…
Mais malgré tout, ces frontières sont toujours importantes. Si l’école cherche à gommer les différences, elle y arrive mal. Les amis sont des enfants d’adultes qui ont été socialisés d’une certaine manière par des adultes qui ont été socialisés d’une certaine manière, etc. et qui reproduisent les mêmes choses. Et les médias ont une méchante tendance à véhiculer des stéréotypes.
Au final, les façons d’agir, de penser et d’anticiper l’avenir restent socialement situées et sont à l’origine de différences de comportements et d’aspirations.
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