La socialisation est le processus par lequel un individu acquiert les normes et les valeurs du groupe ou de la société dans lequel il vit, et devient un acteur social… Mais comme les individus ne sont pas socialisés dans les mêmes groupes et comme la socialisation, elle-même, est un processus complexe, il résulte des différences de comportements, de préférences et d’aspirations. Le processus est long. Il faut que l’individu ait le temps d’intérioriser les choses, c’est-à-dire le temps que l’individu incorpore les manières d’être et de penser à ses propres schémas mentaux.
Ainsi, savoir que certains profs veulent que vous vous teniez debout derrière votre table jusqu’à ce qu’ils vous disent de vous assoir peut être incorporé rapidement (et encore). Savoir qu’il faut tourner son cahier pour y noter le contenu des séances de travaux dirigés peut prendre une année pour certains.
D’autre part, la socialisation est un processus qui peut se décomposer en sous-processus. On peut ainsi distinguer trois sous-processus :
- L’inculcation. Dans ce cas, la transmission des normes et des valeurs se fait de manière explicité (souvent orale) par les agents socialisateurs. C’est le « fais pas ci, fais pas ça ».Et cette transmission s’accompagne souvent de sanctions quand un comportement n’est pas respecté ou de récompenses quand un comportement est respecté
- L’imprégnation. Ici, l’intériorisation est lente. L’environnement culturel modifie les manières de penser et d’être des individus.C’est le cas, quand vous changez de région… Au bout d’un moment, vous finissez par parler avec un accent qui n’était pas le vôtre initialement. Mais c’est aussi le cas quand vous changez de groupes d’amis. Au bout d’un moment, leurs goûts musicaux, entre autres choses, vont vous influencer. Et les exemples sont nombreux.
- L’action directe. A la frontière de l’inculcation et de l’imprégnation se trouve l’action directe. L’intériorisation des normes, des valeurs, des goûts, etc., se fait par la pratique régulière d’activités. Ainsi, un garçon qui grandit dans une famille dans laquelle le père (moins fréquemment la mère) aime le football, jouera au foot avec son père et développera un goût pour le football. Un étudiant dont les amis jouent à la belotte entre midi et deux heures développera un goût pour la belotte.
Il y a, au final, une « imitation » très forte dans la construction de l’identité sociale d’un individu. L’individu qui veut s’intégrer à un groupe social « copie » les individus de ce groupe.
Les instances de socialisation (les personnes, groupes ou institutions qui participent à la socialisation) sont multiples : famille, école, amis (groupes de pairs), éducateurs, médias… Et cette multiplicité associée à un processus de socialisation étant complexe, permet de comprendre que les identités individuelles qui résulteront de la socialisation seront diverses : les comportements individuels varieront d’une personne à l’autre, les goûts aussi et les manière d’anticiper son avenir, les souhaits pour soi-même, les aspirations seront ne seront pas tout à fait les mêmes d’une personne à l’autre.
Un individu appartiendra à un ou plusieurs groupes composé d’individus relativement semblables mais, à l’intérieur de ces groupes, il aura une identité propre avec une personnalité, des goûts, des croyances, des manières d’agir, etc., qui ne seront qu’à lui… C’est la diversité dans l’unité.
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