Comment les administrations publiques se financent-elles et qu'est-ce que le solde budgétaire?

 

Un fonctionnaire du ministère des finances qui cherche de l'argent

Les administrations publiques (l'Etat, les collectivités territoriales comme les communes, les communautés de communes, les conseils départementaux ou régionaux, ou encore les organismes de la sécurité sociale) doivent trouver des financements… Elles ont besoin de payer les services qu'elles offrent et les fonctionnaires mais elles ont aussi besoin de financer de grandes infrastructures (comme les routes, les ponts, les centrales, les stades, etc.) et leur entretien. Mais où trouvent-elles les fonds ? Et quel impact peuvent avoir les dépenses publiques sur l’économie d’un pays ?


Bercy: le ministère des finances en France

La principale source de financements des administrations publiques (les collectivités territoriales et l’Etat), ce sont les recettes fiscales.

Les communes, par exemple, perçoivent la taxe foncière (celle qu’on paie pour chaque propriété détenue dans une commune). L’Etat perçoit la TVA, l’impôt sur le revenu, sur la fortune, sur les sociétés…

Mais collectivités et Etat peuvent aussi percevoir des recettes non fiscales.

L’Etat français, par exemple, est actionnaire d’EDF, de la Française des jeux, etc. Et à ce titre, il reçoit des dividendes. Autre exemple, l’Etat est aussi propriétaire de musées, de salles de spectacles, etc. Et à ce titre, il perçoit des droits d’entrée.

Les recettes non fiscales sont les autres recettes perçues par l’Etat comme dividendes, les ventes, les amendes, les loyers, etc.

Le poids de ces recettes non fiscales est minime. Ainsi, pour l’Etat, les recettes fiscales représentent 93% des recettes, les recettes non fiscales 7%.

Ces recettes fiscales et non fiscales vont prioritairement servir à payer les fonctionnaires. Mais, comme pour les entreprises avec l’EBE et les ménages avec le revenu disponible, elles vont aussi servir à autofinancer des dépenses et à rembourser des emprunts.

Comme pour les entreprises, les administrations publiques peuvent avoir recours à l’emprunt bancaire (très utilisé par les collectivités) ou à l’émission d’obligations (très utilisée par l’Etat).

En règle générale, quand une entreprise ou un ménage a dépensé plus en une année qu’il n’avait de ressource, il pioche dans son épargne ou, s’il n’en a pas, il se retrouve dans le caca.

L’Etat, lui, a un « superpouvoir » : il peut emprunter pour financer le déficit de son solde budgétaire.

Le solde budgétaire est l’écart entre les recettes et les dépenses du budget d'un agent économique de l'État.

Quand il est positif, on parle d’excédent budgétaire.

Quand il est négatif, on parle de déficit budgétaire.

C’est un peu comme si un ménage ou une entreprise pouvait emprunter de l’argent pour combler son découvert (l’argent qu’il/elle a dépensé et qu’il/elle n’avait pas). L’Etat, lui, peut dépenser plus qu’il n’a de recettes. Et cet argent qu’il va dépenser sans l’avoir, il va le trouver en s’endettant. Le déficit budgétaire est ainsi financé par l’emprunt.

Mais à force d’emprunter plus qu’il ne peut rembourser, l’Etat fait gonfler sa dette. Ainsi, toutes administrations publiques confondues, le déficit public en 2020 était de 211,5 milliards d’euros et s’est ajouté à la dette publique déjà existante pour la faire grimper à 2 650 milliards d’euros.

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