Pourquoi étudier les mutations du travail et de l’emploi ?

 


Pourquoi étudier les mutations du travail et de l’emploi ?

Répondre à cette question impose déjà de comprendre la différence entre le travail et l’emploi… 

Le travail est l’activité contribuant à produire des biens et/ou des services.

Le mot « activité » implique l’action ou les actions, la dépense d’énergie, l’intention de réaliser quelque chose… que cette chose soit bonne ou non.

On trouve parfois, dans des articles, que l’origine du mot travail serait « torture ». Le travail serait originellement une activité contrainte, une souffrance. Le mot travail est utilisé aussi pour qualifier ce qui se passe durant l’accouchement. 

Mais d’autres auteurs mettent l’accent sur la dimension épanouissement de cette activité, sur la « réalisation de soi », le fait de faire quelque chose qui donne un sens à sa vie.

Autre chose : il existe un travail domestique et un travail bénévole mais ils ne nous intéressent pas ici… Le terme travail qui leur est accolé pourrait être inadapté d’ailleurs : si on peut comprendre que faire le ménage (travail domestique) est une souffrance, on comprend moins qu’aller aider dans un club ou une association caritative (travail bénévole) le soit… Mais surtout, dans ces deux cas, la dépense d’énergie n’est pas rémunérée monétairement. Le travail qui nous intéresse, c’est celui qui accolé à l’emploi.

L’emploi est une situation qui relie un travailleur à une organisation et qui donne droit à une rémunération et des garanties sociales. L’emploi implique un cadre juridique qui structure le travail (contrat, horaires, salaire, postes...).

Le mot rémunération est important : il implique qu’il y a une contrepartie (monétaire essentiellement) comme le salaire ou la vente de biens ou de services au travail. Surtout, il y a une dimension « subsistance » de l’emploi. Un emploi sert à vivre, il sert à « gagner sa vie ».

Mais la notion d’emploi va plus loin. Lorsque qu'un individu "donne" son emploi (par exemple, dire « je suis ingénieur ou je suis assistante maternelle ou je suis chef d’atelier », etc.), il informe sur quelque chose de plus que l'activité qu'il exerce (son travail). Il renseigne, par exemple, sur son statut professionnel  (salarié ou indépendant)… Il renseigne aussi sur la place qu'il occupe dans la structure sociale et ce à plusieurs niveaux :

  •  Au niveau du type de poste occupé donc de la place en terme de responsabilité ou de prestige,
  • Au niveau du montant de la rémunération (et là, il y a souvent des fantasmes),
  • Au niveau du type de contrat quand on est salarié (a-t-on un emploi stable ou non ?),
  • Et dans une moindre mesure, au niveau des horaires (temps plein/temps partiel, horaires atypiques) …

L’emploi, c’est donc la place qu’on occupe dans la société en tant que travailleur.

Derrière le travail et l’emploi, il y a une dimension sociale très importante : en donnant une place dans la société, en donnant une rémunération, en donnant un but à la vie, ou simplement une occupation, en donnant aussi une protection sociale dans certains pays, ils intègrent… Autrement dit ils relient les individus à la société, ils participent à la cohésion sociale.

Or le travail en tant qu’activité ou l’emploi en tant que statut social évoluent : les manières d’organiser la production évoluent (donc l’activité évolue) et les manières de contractualiser (les contrats de travail) cette activité (donc l’emploi) évoluent aussi. Or qui dit évolution dit impact sur les individus et sans doute impact sur le bien-être et la cohésion sociale.

D’un point de vue personnel, réfléchir au travail et à l'emploi est intéressant parce qu’il peut vous aider à comprendre le monde dans lequel vous allez arriver une fois vos études finies. Il peut aider à l’orientation.

Et si souvent l’accent est mis sur le « négatif » - parce qu’il y a un paradoxe à être dans des sociétés toujours plus riches, toujours plus avancées technologiquement, sans pour autant que le travail et l’emploi ne rendent plus heureux - on peut tout de même garder à l’esprit que huit travailleurs sur dix aiment leur travail en France, que leur activité est une composante importante de leur identité, et de leur bien-être mental.

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