L’innovation peut générer un processus de destruction créatrice

 




Rappelez-vous J.A. Schumpeter… Ce qui l’intéressait beaucoup, initialement, c’était de savoir pourquoi, à intervalles réguliers (on dit de manière cyclique), on assistait à des phases d’accélération de la croissance, puis de ralentissement, puis de ré-accélération, etc.

L’explication, il allait la fournir à l’aide des innovations….

L’innovation, je le rappelle, c’est l’application commerciale d’une invention. Mais en mettant sur le marché quelque chose de nouveau, on peut rendre obsolète, dépassé, inutile, etc., quelque chose d’ancien.

Les téléphones sans fil ont rendu obsolètes les téléphones filaires. Les smartphones ont rendu obsolètes les téléphones à touches…

C’est la même chose avec les procédés : la vente sur internet a rendu obsolète la vente par catalogue.

Et, parfois certaines innovations sont si radicales qu’elles vont changer les manières de produire et les manières de vivre. Elles sont ainsi source de création (de nouvelles activités vont apparaitre) mais elles sont aussi source de destruction (des activités anciennes vont disparaitre). On parle alors de destruction créatrice.

La destruction créatrice est le processus de disparitions d’activités productives remplacées par de nouvelles activités du fait du progrès technique.

J. A. Schumpeter la définit comme un « processus de mutation industrielle (…) qui révolutionne incessamment de l’intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs ».

Le processus de destruction créatrice serait cyclique (sous-entendu régulier) et ferait en sorte que notre système économique serait soumis régulièrement à des phases de fortes croissance puis de ralentissement. Dans les premiers temps de ces innovations radicales, l’effet création l’emporterait sur l’effet destruction : l’apparition de nouvelles entreprises, la création de nouvelles richesses surcompenserait les destructions… Mais à un moment, l’effet positif de l’innovation s’estompe, il y a beaucoup de concurrence, la consommation peut ralentir, les faillites se multiplient et l’économie ralentit voire recule.

Les cycles de destruction créatrice seraient amorcés par les différentes révolutions industrielles :


Au final, la croissance, la vraie, celle qui aurait permis l’augmentation continue des revenus par habitant, existerait depuis la première révolution industrielle...
Mais cette croissance n’est pas régulière et en détruisant des entreprises et des secteurs de production, les innovations, nécessaires à la croissance, ont des effets sociaux qui peuvent être désastreux sur l’emploi et la cohésion sociale.

Commentaires