A la fin du XIXème et au début du XXème siècle, l’ingénieur
F.W. Taylor va pousser le concept de la division des tâches plus loin et
développer ce qu’on appellera par la suite l’organisation scientifique du
travail.
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| F.W. Taylor (1856-1915) |
Taylor avait été ouvrier puis contremaitre puis ingénieur. Il avait donc connu le système de l’intérieur. Et c’est ainsi qu’il développa dans The Scientific principles of Management (1911), les bases d’un modèle qui existe toujours et qui est le fondement de nombreux autres.
Taylor fit le constat suivant : malgré la division du
travail, les entreprises sont marquées par une sous-efficacité globale (on
pourrait dire une moindre productivité globale des facteurs de production).
Pour Taylor, le problème d’efficacité globale venait de
défauts dans l’organisation de la production à quatre niveaux :
- La flânerie des ouvriers (la flânerie étant le fait de perdre du temps, d’être paresseux). Les ouvriers ne sont pas « à donf ».
- Des pratiques professionnelles (les tâches) peu rigoureuses car peu scientifiques. (La manière de diviser les tâches n’est pas assez réfléchie).
- Un encadrement inefficace voire ignorant (les chefs d’atelier sont nuls mais les ingénieurs aussi… Et les patrons aussi).
- Le mode de rémunération n’est pas assez incitatif (la manière dont on paie les salariés ne les incite pas à se dépasser).
Taylor va proposer des solutions :
- La division verticale du travail. L’ouvrier n’a pas à réfléchir à ce qu’il fait et il n’a pas à prendre de décisions. Il faut séparer les activités de conceptions (des cadres en haut) des activités d’exécution (des ouvriers en bas).
- La division horizontale du travail. Il faut réfléchir scientifiquement à la meilleure manière de décomposer la production d’un bien pour que les ouvriers fassent les tâches les plus simples possibles. Il faut les parcelliser, il faut les diviser entre travailleurs situés sur une même échelle de la production (les travaux d’exécution comme l’assemblage par exemple doivent être divisés en tâche simple).
- La standardisation des tâches. Il faut que la tâche effectuée puisse être faite par un ouvrier sans qualification. Elle est simplifiée à son maximum et le travailleur devient une sorte de machine humaine (le terme est de moi, pas de Taylor).
- Le salaire au rendement. Il faut payer les travailleurs en fonction de leur productivité. Et un travailleur qui rapporte beaucoup gagnera plus qu’un travailleur qui rapporte moins. Le travailleur qui veut gagner plus (ou éviter de gagner moins) est ainsi « invité » à donner le maximum.
- Le chronométrage. Il faut chronométrer les travailleurs (1) pour vérifier qu’ils ne flânent pas, (2) pour mesurer plus facilement leur rendement, (3) pour acquérir des statistiques qui permettent d’améliorer scientifiquement l’organisation.
Les principes de Taylor vont trouver un écho dans la plupart
des pays développés de l’époque. C’est la naissance du taylorisme.
Ce modèle existe toujours actuellement, évidemment avec
quelques petites adaptations qui peuvent être liées à la technologie, au droit
du travail qui a évolué, etc. On le retrouve ainsi dans des usines (par exemple
de couture dans lesquelles l’automatisation est compliquée) mais aussi dans la
restauration rapide et d’autre secteurs encore… Le taylorisme s’est donc
transmis du secteur secondaire (l’industrie ici) au secteur tertiaire (les
services marchands ici).

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