Le progrès technique peut générer des inégalités de revenu

 



Si l’innovation et le progrès technique sont à la base d’un processus de destruction créatrice, mécaniquement des inégalités de revenus seront générées par le progrès technique…

Les inégalités sont une distribution d’avantages pour les uns et de désavantages pour les autres.

Les revenus (ici primaires) correspondent à ce que l’on gagne par son activité ou par ses placements.

Les inégalités de revenu correspondent donc à la distribution d’avantages ou de désavantages liée aux différences de revenus perçus.

Par exemple : le fait de plus ou moins pouvoir consommer, pouvoir habiter dans de plus ou moins bonnes conditions, pouvoir payer des études, etc.

Les entreprises qui innovent sont souvent les grandes gagnantes du jeu de la concurrence. A ce titre, et parce qu’elles vont gagner plus, elles pourront distribuer des salaires plus importants à leurs salariés, et leurs propriétaires (Pensez à Jeff Bezos ou Elon Musk… mais aussi à des actionnaires lambda) verront la valeur de leurs actions et les dividendes augmenter.


De plus, comme elles en ont souvent les moyens, pour attirer les meilleurs travailleurs, elles offriront les meilleurs salaires.

De l’autre côté, les innovations en détruisant des activités mettent (au moins temporairement) des individus au chômage, ce qui se traduit mécaniquement par des pertes de revenus qui ne sont pas compensées par les indemnités chômage (quand il y en a, cela dépend des pays).

A cela s’ajoute dernièrement un effet pervers du progrès technique.

Quand le pétrole a remplacé le charbon, cela n’a pas changé radicalement le besoin des entreprises quant au niveau de qualification des salariés. Les processus de production dans l’industrie, dans le transport, restaient à des niveaux de complexité équivalents. Et le travailleur qui perdait son emploi à cause du nouveau procédé (le pétrole) pouvait en retrouver un assez rapidement.

Mais, avec l’ordinateur et surtout les NTIC, le besoin en main d’œuvre qualifiée des entreprises innovantes peut être plus fort, et les capacités de réinsertion professionnelle plus difficile.

Que devient l’ouvrier non qualifié qui a perdu son empli à cause de la robotisation et de l’informatisation ? Il va devoir, quand il y arrivera, accepter des tâches encore moins rémunératrices que ce qu’il avait avant.

Et ce processus de creusement des inégalités semble être accentué par la forme que prend le progrès technique actuel : l’informatisation. Avec internet se sont développé tout un ensemble d’activité de services qui ne demande aucune qualification particulière et qui sont particulièrement peu rémunératrices : la livraison de repas à domicile, le transport de voyageurs, de colis, etc. 

Et la faiblesse des rémunérations est d’autant plus accentué que le progrès technique pousse vers le bas une grande quantité de personnes (qui ont perdu des emplois peu ou pas qualifié ou qui n’ont pas fait d’études) et qui les mets massivement en concurrence les uns avec les autres.

C’est ce qu’on appelle l’uberisation de l’emploi.

Il y a donc polarisation de l’emploi entre d’un côté des travailleurs de plus en plus qualifiés et de l’autre des travailleurs peu qualifiés qui gagnent peu.

Cette polarisation touche aussi les territoires, et engendre donc des inégalités de revenus géographiques, puisque les entreprises ont tendance à se regrouper dans des pôles (dits parfois de compétitivité). Il y a ainsi des pôles aux entreprises innovantes et performantes (en région parisienne par exemple) et des pôles d’entreprises en déclin.

Au final, l’innovation peut générer un processus de destruction créatrice et, sans même parler de destruction créatrice, les innovations et le progrès technique favorisent ceux qui misent sur les innovations, ou travaillent dans les secteurs innovants, et fragilise, actuellement, les travailleurs les moins qualifiés. Il engendre donc des inégalités de revenus. On dira que le progrès technique est source d’augmentation des inégalités de revenu.

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