Le progrès technique est endogène

 




Il y a une sorte de mécanisme qui part de l’innovation pour arriver à la croissance: (1) l’innovation donne (2) le progrès technique qui donne   (3) l’augmentation de la productivité globale des facteurs de production qui donne (4) la croissance…

Dans les années 1980, un économiste, Paul Romer, va montrer que ce mécanisme s’auto-alimente. On a ainsi un mécanisme qui va de l'innovation pour arriver à la croissance pour arriver à l'innovation pour arriver à la croissance, etc.

Imaginons une entreprise (Google sera un très bon exemple). Cette entreprise (1) innove en produit (elle améliore ses ventes) et en procédé (elle est plus productive peut baisser ses prix et vendre plus). Elle fait donc du (2) progrès technique. Ce progrès lui permet (3) d’augmenter l’efficacité de ses travailleurs et son capital. Elle produit plus. Il y a donc (4) croissance de sa valeur ajoutée (ce qu’elle gagne après avoir payé les fournisseurs).

 Mais que va-t-elle faire de cette valeur ajoutée supplémentaire ?

Réponse : elle va la réinvestir en partie en Recherche et Développement (RD).

Pourquoi faire ?

Réponse : pour innover à nouveau.

Et au final, l’innovation va permettre des innovations. Le processus s’auto-alimente.

Et si l’on raisonne à l’échelle de tout un pays, on comprend l’intérêt pour une nation d’encourager l’innovation. Le mécanisme que l’on a présenté pour une entreprise (Google) peut s’appliquer à un grand nombre d’entreprises.

Une nation, un Etat, a intérêt à encourager l’innovation puisque cela sera la source d’une croissance (qu’on appellera endogène) qui lui permettra d’accroitre sa richesse durablement puisque le processus s’auto-alimente.

Et ce progrès technique s’auto-alimente d’autant plus que les innovations peuvent se diffuser en grappes et générer des externalités positives. Ainsi, les gains liés à l’innovation vont se répercuter dans tout le système économique et pas seulement dans les entreprises.

A ce titre, on dit du progrès technique qu’il est endogène (endo = à l’intérieur): il est généré par le fonctionnement du système économique (il n’arrive pas par hasard… ou très rarement) et il s’auto entretient.

Cela semble compliqué mais ça ne l’est pas… On a vu que lorsque les entreprises gagnaient plus, elles pouvaient investir en RD. Mais quand les entreprises gagnent plus, l’Etat aussi gagne plus.

L’Etat prélève des impôts sur ce que gagne les entreprises (l’impôt sur les société). Par exemple, l’Etat prélève 15% des bénéfices. Si les bénéfices de l’entreprises augmentent, mécaniquement les recettes de l’Etat augmente (15% de quelque chose qui augmente donne quelque chose qui augmente).

Et que va faire l’Etat avec cet argent ?

Certains diront « des bêtises »… Peut-être mais pas que ! Une partie des gains iront eux-aussi dans la recherche publique ou dans la formation de chercheurs (à l’université par exemple), ou dans l’éducation, etc. Et tout cela favorisera les innovations futures.

 

Au final, le progrès technique est endogène :

  • Parce qu’il est une volonté des différents acteurs économiques (les entreprises, l’Etat) qui vont mobiliser des ressources pour innover (directement ou indirectement) et donc générer du progrès technique.
  • Parce qu’il s’auto-alimente (le progrès technique génère du progrès technique)

    • Les profits sont réinvestis en RD
    • Les recettes fiscales sont réinvesties en RD
    • Les recettes fiscales peuvent servir à former des chercheurs
    • Le progrès technique, par le biais des innovations, peut générer des externalités positives sur l’économie et les innovations donc du progrès technique.

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