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| Bientôt tous sur un pied d'égalité? |
L’ouverture au commerce international peut contribuer à réduire les inégalités entre pays par plusieurs canaux, en particulier en permettant à certains pays en développement de connaître une croissance plus rapide que les pays riches.
Commerce international et croissance des pays en développement
Dans de nombreux pays en développement, la main-d’œuvre est relativement peu coûteuse. Cela confère aux entreprises une compétitivité-prix importante, qui leur permet d’exporter plus facilement sur les marchés internationaux. Lorsque les exportations augmentent, la production augmente également. Cette hausse de la production entraîne une augmentation des revenus distribués sous forme de salaires. Une partie importante de ces revenus est ensuite dépensée en produits nationaux, ce qui stimule à nouveau la production. On observe alors un mécanisme cumulatif de croissance.
On peut parler ici d’un effet de décollage : l’économie entre dans une dynamique de croissance auto-entretenue. Certains économistes rapprochent ce mécanisme de ce que l’on appelle un « big push ». Dans le cadre de la mondialisation, les exportations et les investissements privés comme publics peuvent jouer un rôle d'accélérateur en enclenchant une dynamique de croissance.
Cependant, il est important de souligner que le lien entre bas salaires, ouverture internationale et développement n’est pas automatique: pour que la croissance se transforme en véritable développement, plusieurs conditions doivent être réunies.
- Les revenus doivent réellement augmenter pour une part significative de la population,
- les gains tirés de la croissance doivent être réinvestis dans l’économie,
- et l’État doit jouer un rôle en développant les infrastructures, l’éducation, la santé ou encore les transports.


Au final, dans de nombreux pays en développement, l’ouverture au commerce international peut conduire à une hausse de la production, à la création d’emplois, à une augmentation des salaires et à l’émergence d’entreprises plus performantes. Ces mécanismes peuvent favoriser un processus de rattrapage vis-à-vis des pays riches.
Commerce international et croissance des pays riches
Pour les pays développés, de nombreuses études économétriques montrent que l’ouverture internationale est globalement bénéfique en termes de croissance. Elle permet notamment d’élargir la taille des marchés : les entreprises disposent de plus de clients à l’étranger.
Elle favorise aussi les investissements étrangers dans les pays riches.
En revanche, l’effet sur l’emploi est un sujet largement débattu. Les résultats disponibles suggèrent souvent un effet global proche de la neutralité en moyenne : les créations d’emplois liées à l’extension des marchés et aux implantations d’entreprises peuvent compenser les destructions d’emplois liées à la concurrence internationale et aux délocalisations. Il s’agit toutefois d’un résultat moyen, qui masque de fortes recompositions sectorielles, sur lesquelles on reviendra dans un autr article.
Ceci dit, cette mondialisation du commerce permettrait aux pays riches de continuer de croître économiquement ou de croître plus que s'ils ne s'étaient pas ouvert aux autres.
La réduction des inégalités entre pays ou effet de rattrapage
Si la croissance est plus forte dans les pays en développement que dans les pays développés, on observe alors un phénomène de rattrapage. On peut l’illustrer par une métaphore simple : deux voitures se dirigent vers la même destination. L’une est partie plus tôt mais roule lentement, l’autre est partie plus tard mais roule plus vite. La seconde peut finir par réduire l’écart, voire rattraper la première.
L’histoire économique récente fournit plusieurs exemples de ce type de rattrapage. La Corée du Sud en est un cas emblématique. Au début des années 1960, le PIB par habitant de la Corée du Sud était comparable à celui de certains pays d’Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, il est supérieur à 30 000 dollars par habitant, contre quelques milliers de dollars dans de nombreux pays pauvres. Cette trajectoire s’explique en grande partie par une stratégie de croissance tournée vers l’exportation, combinée à de forts investissements dans l’éducation, les infrastructures et l’industrie.
La Chine constitue un autre exemple marquant. Depuis son ouverture progressive au commerce international à partir de la fin des années 1970, la Chine a connu des taux de croissance très élevés pendant plusieurs décennies, ce qui lui a permis de réduire considérablement l’écart de niveau de vie avec les pays développés, même si des inégalités importantes subsistent.
Attention tout de même...
Si la mondialisation peut contribuer à réduire les inégalités entre pays par des mécanismes de rattrapage, elle peut aussi avoir des effets très différents à l’intérieur des pays. C’est précisément cette question des inégalités internes, et des gagnants et perdants de la mondialisation au sein de chaque société, qui fera l’objet de l’article suivant.
Annexe: ne pas confondre croissance et développement
Il convient toutefois de distinguer croissance et développement. La croissance correspond à l’augmentation de la production de richesses, tandis que le développement renvoie à une amélioration plus large et durable des conditions de vie. Cette distinction sera sans doute approfondie dans un autre article.

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