La mise à l’agenda politique des questions environnementales

 



Des problèmes sociétaux, et plus particulièrement environnementaux, il y en a plein, de toutes sortes… Et les pouvoirs publics ne s’en emparent pas nécessairement. Dit autrement, il n’y a pas tout le temps mise à l’agenda politique.

Et la mise à l’agenda des « questions environnementales » est un très bon exemple de ce processus, qui peut être long. Mais quelles sont les étapes de ce processus  ?

La mise à l’agenda politique correspond au processus par lequel un problème est progressivement étudié puis pris en charge par des instances publiques.

  •  Il y a, en premier lieu, la nécessité d’une "identification du problème", souvent par des experts ou des citoyens, des partis parfois, des entreprises rarement.
  • Arrive ensuite le cadrage : c’est-à-dire la formalisation du problème (nature, causes, actions à mener).
  • Ce cadrage va de pair avec la "justification" : cette phase met en avant l’importance ou la gravité d’un problème en mobilisant la sphère scientifique et en ayant recours aux émotions des citoyens (par la médiatisation).
  • Vient alors la "popularisation" : le problème ayant touché le public, la communication autour du problème s’accélère et s’amplifie par le biais de sa médiatisation et de son appropriation par des intellectuels, des politiciens, des artistes, influenceurs, etc.
  • Enfin arrive la phase de "mise en politique publique" avec des propositions et des débats politiques qui visent à faire d’un problème (économique, social, écologique, etc.) un réel problème politique avec mise à l’agenda politique.

Une fois le problème mis à l’agenda politique, on peut espérer des actions politiques visant à répondre au problème.

Toutes les phases sont importantes, mais celle qui semble essentielle est celle de popularisation. Cette popularisation faisant souvent l’objet d’une mesure de l’opinion publique par les sondages.

Dans cette grande chaine qui va de l’identification à la mise à l’agenda, les pouvoirs publics doivent « jongler » avec les intérêts des différents acteurs en présence, y compris ceux des pouvoirs publics (la conservation du pouvoir).

Ainsi réduire les émissions de gaz à effet de serre implique de changer des modes de production, de consommation et de transports. Cela a un impact sur l’emploi ou la fiscalité. Dans la balance politique, qu’est-ce qui l’emporte à votre avis: l’environnement dont les changements sont peu perceptibles et dont les effets sont à long terme, ou l’emploi dont les effets peuvent être à court terme ?

C’est pourquoi le processus peut être long et la phase de popularisation essentielle.

Un exemple :

  • En 1972, le rapport de Meadows (les chercheurs et scientifiques) identifiait le problème et prévoyait une grave crise sociétale et mondiale pour 2030

  • En 1988 est créé le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) qui produit des rapports et des études (ce qu’on peut associer au à la phase de cadrage avec les chercheurs et scientifiques).
  • Depuis, de nombreuses campagnes de sensibilisation de l’opinion publique et des pouvoirs publics sur les risques du réchauffement climatique ont été lancées par le WWF, par Greenpeace, etc. … donc les ONG.


Ce sont les phases Justification/popularisation.

  • Et tout ça pour aboutir à « l’accord sur le climat » signé par 195 pays à Paris en 2015. Cet accord prévoit de limiter la hausse des températures à 2°, voire 1,5°, d’ici 2100.

C’est la phase Mise en politique publique… avec, donc, les pouvoirs publics.

Accord dont Trump est rapidement sorti et que Biden a rapidement re-signé (je le dis pour vous montrer la difficulté de mettre en place des politiques à l’échelle mondiale).




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