La construction du marché unique européen

 

Les tractations ultrasecrète à la frontière franco-allemande sur les modalités de construction du marché unique européen.


Après la Seconde Guerre mondiale, les pays européens ont commencé à travailler ensemble pour créer un grand marché commun, dans le but de renforcer leurs échanges commerciaux, leur richesse et maintenir la paix. 

Le marché commun est à la fois une zone de libre échange, une union douanière et un espace où peuvent circuler librement les facteurs de production travail et capital (lien) mais pour arriver au marché commun européen (ou Marché Unique) il y a eu des étapes. 


Le premier grand pas vers ce marché a été fait le 18 avril 1951 avec la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA), principalement pour rapprocher la France et l'Allemagne, mais aussi incluant l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Ces derniers pays avaient déjà commencé à s'unir économiquement dès 1948, formant ce qu'on appelle le Benelux.

 En 1957, les mêmes six pays ont signé le Traité de Rome, qui visait à supprimer les obstacles au commerce entre eux, en créant une communauté autour de l'énergie atomique et une autre pour l'économie, pour faciliter l'accès à un marché sans restrictions. Ce traité mettait l'accent sur la libre circulation des biens, des travailleurs, des services et des capitaux.

 Cependant, la construction de ce marché unique européen s'est faite progressivement. En 1968, les droits de douane entre les pays de la CEE étaient abolis, et peu à peu, les restrictions sur les quantités échangées étaient levées. Mais des obstacles non tarifaires comme des règles et normes différentes entre pays freinaient encore l'échange libre.

 Le véritable élan a été donné dans les années 1980 par Jacques Delors, qui a relancé l'intégration européenne avec l'Acte unique européen en 1986, ouvrant la voie à l'achèvement du marché unique, avec pour objectif de faciliter encore plus la libre circulation dans divers domaines. Jusqu'en 1992, douze pays ont adopté ce programme, éliminant de nombreux obstacles au commerce.

 Aujourd'hui, bien que le marché unique soit largement en place, notamment pour les capitaux et les biens, avec un énorme marché de plus de 500 millions de consommateurs, certains domaines comme les services et le travail restent moins intégrés. Par exemple, le marché des services, bien qu'important pour l'économie, ne représente qu'une petite partie des échanges. En effet, si les européens s'échangent facilement des voitures entre eux, ou des composants pour les entreprises, donc des biens, ils ont du mal à échanger des services; peu de français ont ne banque allemande, peu d'entreprises italiennes font appel à des comptables français, etc. 

Et malgré la facilitation des déplacements grâce aux accords de Schengen (qui détermine l'espace Schengen), la mobilité des travailleurs n'est pas aussi forte qu'aux États-Unis, en partie à cause des barrières linguistiques.


 Le Brexit a montré les défis économiques de quitter un tel marché intégré, avec des conséquences comme des pénuries de main-d'œuvre et des problèmes d'approvisionnement pour le Royaume-Uni. Cela montre l'importance des accords de commerce et de libre circulation pour les pays européens.

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